Rosa Bonheur, dont le père Raymond était peintre et qui se chargea de son apprentissage artistique, décide de se spécialiser dans la représentation animalière suite à sa rencontre avec l’homme d’église et écrivain Félicité de La Mennais qui pensait que les animaux avaient une âme au même titre que les humains.

Rosa commence sa carrière à 19 ans lorsqu’elle expose au Salon de 1841. Quelques années plus tard, en 1849, elle obtient une commande d’État: Labourage nivernais qui a reçoit un très bon accueil du public.

Dans la foulée, l’État lui commande une deuxième œuvre. Rosa Bonheur soumet alors deux projets au Ministre Charles de Morny en charge des Beaux-arts, le premier ayant pour thème le marché au chevaux de Paris et le deuxième la fenaison en Auvergne. Estimant que la jeune artiste maîtrise mieux la représentation des bovins que des chevaux, le ministre choisit le deuxième thème. Rosa Bonheur demande cependant l’autorisation de d’abord achever le tableau Le marché au chevaux pour le présenter au Salon de 1853, ce qui lui est accordé. Le succès de cette toile est immédiat si bien que le Ministre souhaite finalement renoncer à l’achat de La fenaison en Auvergne, qui n’est alors pas encore terminée, pour acquérir Le marché aux chevaux. Mais Rosa Bonheur refuse et l’État s’en tient au contrat initial. Le tableau est ensuite envoyé à l’Exposition universelle de 1855.

Il est probable que Rosa Bonheur ait déjà eu en tête le sujet de ce tableau bien avant la commande de l’État et qu’elle ait réalisée plusieurs esquisses. Pour cela elle se rendait sur les lieux même de la foire, au boulevard de l’Hôpital à Paris. Pour se fondre dans la masse des marchands de chevaux, elle avait reçu l’autorisation exceptionnelle de la police de s’habiller en homme. La composition montre donc toute la fougue et la puissance des chevaux (des percherons), qui, dans un mouvement circulaire, pénètrent sur le lieu de la foire. Les animaux sont maîtrisés, parfois tant bien que mal, par les palefreniers et les « casse-cous » (que l’on reconnait à leurs blouses bleues).




L’immense toile est achetée par le marchand d’art d’origine belge installé à Londres, Ernest Gambart pour 40.000 francs. Il emmène alors cette œuvre, en tournée en Angleterre, où une visite privée est organisée pour la reine Victoria, puis au États-Unis. L’œuvre est achetée une première fois au négociant en coton, William Parkinson Wright. Elle rejoint ensuite la belle collection de Alexander Turney Stewart en 1866. Enfin, elle est revendue à Cornelius Vanderbilt II en 1887 qui en fera tout de suite don au Metropolitan Museum of Art de New York.
De par son succès, l’œuvre a évidemment fait l’objet de reproductions en lithographie. Les marchands d’art demandaient parfois aux artistes de reproduire leurs œuvres en aquarelle, ce que fait Rosa Bonheur pour la société américaine Knoedler & Cie en 1867. Quelques années plus tard, en 1873, Rosa réalise une aquarelle représentant le Retour de la foire aux chevaux.

