Dès le 17e siècle, les porcelaines et les laques venues d’Orient ont fait le bonheur des pays d’Europe et ont été largement importées par bateaux via la Compagnie des Indes orientales. Après la chute de l’Empire Ming, le Japon entre un peu dans la danse. C’est un pays qui menait cependant une politique isolationniste et les contacts avec l’étranger sont restés très limités pendant près de deux siècles. Il faut donc attendre sa progressive ouverture au monde à partir de 1854, puis l’ère de l’empereur Meiji qui commence en 1867 et apporte un bouleversement économique pour le Japon par l’intermédiaire de différentes réformes et de traités de libre-échanges commerciaux. Les Occidentaux découvrent alors les estampes ukiyo-e (Hokusai, Hiroshige, Koryusai, Utamaro) qui vont avoir une profonde influence sur certains peintres.

Ces estampes avaient alors très peu de valeur au Japon car elles étaient considérées comme un art éphémère et léger, trop populaire aux yeux des aristocrates japonais. En Europe, plusieurs artistes comme Claude Monet, James Tissot, Auguste Rodin, Vincent Van Gogh, ou encore Giuseppe De Nittis collectionnèrent ces estampes. La représentation de la nature et de la vie quotidienne japonaise, de même que la conception simplifiée des images et les larges aplats de couleurs rejoignent les aspirations esthétiques de certains peintres européens qui y voit là une bonne source d’inspiration pour se démarquer de l’académisme.
Cette influence est particulièrement notable dans plusieurs des affiches réalisées par Toulouse-Lautrec. L’artiste Henri Rivière va jusqu’à reprendre le principe de la série d’estampes Les Trente-six vues du Mont-Fuji d’Hiroshige qui deviennent sous son crayon une série de lithographie intitulée Les Trente-six vues de la Tour Eiffel (1888-1902).

Les expositions universelles, comme celle de 1878, permirent également de diffuser l’art traditionnel japonais auprès des européens. Certaines boutiques, comme celle du marchand Samuel Bing située au n°22 rue de Provence à Paris, se sont spécialisées dans la vente d’objets japonais. Ainsi, des vases, des kimonos, des paravents, des éventails intégrèrent les compositions picturales comme dans La collectionneuse de porcelaine d’Alfred Stevens.

C’est le critique d’art français Philippe Burty (1830-1890) qui utilise pour la première le terme « japonisme » en 1872, pour définir la façon dont les artistes occidentaux transcrive l’art japonais dans leur propre champ artistique. Les objets venus de l’Empire du Soleil Levant sont cependant aussi rapidement désignée par le terme français de « japoniaiseries ». Toutefois, les deux termes sont intimement liés, si bien que le « japonisme » peut désigner aujourd’hui l’ensemble des œuvres qui intègrent des références à l’art et la culture japonais.
C’est chez les impressionnistes et les postimpressionistes que l’influence de la culture japonaise est la plus grande. Claude Monet l’intégrera même jusque dans son jardin à Giverny! Vincent Van Gogh a même copié en peinture certaines estampes d’Hiroshige. Le japonisme sera encore présent dans les compositions de plusieurs artistes au XXe siècle, comme chez Henri Matisse.

Concluons avec une petite galerie d’œuvres « japonisantes »









