En 1865, alors que l’impressionnisme n’est pas encore officiellement né, Claude Monet commença la réalisation d’une toile immense: Le Déjeuner sur l’herbe.
Le jeune peintre – il n’avait alors que 25 ans – avait été très impressionné par l’œuvre d’Edouard Manet, Le Bain (qui sera rebaptisée plus tard également Le Déjeuner sur l’herbe) et peinte en 1863. Manet avait alors fait scandale en osant représenté une femme nue, dans une scène banale, sans plus prendre comme prétexte le sujet antique ou mythologique.




Pour son Déjeuner sur l’herbe, Claude Monet avait pris ses amis comme modèles, notamment les peintres Frédéric Bazille, Auguste Renoir et peut-être Gustave Courbet, mais aussi sa fiancée Camille Doncieux. La partie de gauche s’inspira d’un tableau daté de 1865 et intitulé Les promeneurs, dans lequel il avait représenté sa fiancée et le peintre Frédéric Bazille.




Pour avoir un aperçu du tableau tel qu’il aurait dû être, on peut heureusement se référer à l’esquisse réalisée par Monet. Celle-ci, conservée au Musée Pouchkine à Moscou, est très fidèle au tableau original a quelques détails près. Il permet également de mieux apprécier toutes les interactions que les personnages ont entre eux.


En 1878, Monet met en gage sa toile auprès d’un menuisier d’Argenteuil (M. Flament). En 1884, l’artiste la rachète et c’est à ce moment-là qu’il enlève les parties endommagées par l’humidité. Après la mort de l’artiste, son fils Michel garde quelques années les deux parties encore intactes avant que la partie gauche ne rejoigne, en 1931, la collection de Georges Wildenstein. Ce dernier donne, en 1957, cette partie gauche à l’Etat français qui l’envoie au Musée du Louvre. En 1986, elle est affectée au Musée d’Orsay. La partie droite quant à elle reste très longtemps dans une collection particulière non identifiée avant d’être également offerte à l’Etat en 1986 et d’intégrer le Musée d’Orsay où les deux parties ont pu enfin être réunies.

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