David Roberts (1796-1864) commença sa carrière en peignant les décors des théâtres d’Edimbourg, sa ville natale. Il partit ensuite s’installer à Londres et travailla pour le théâtre Drury Lane. Dans la capitale, il rencontra Charles Dickens mais aussi J.M.W. Turner qui lui conseilla de voyager pour se perfectionner. Il commença par la France et par l’Espagne. Il y réalisa quelques dessins qu’il fit reproduire en lithographie. C’est en août 1838 qu’il entama son grand voyage vers la Terre Sainte, l’Egypte et la Nubie. Après avoir embarqué à Marseille, il arriva à Alexandrie au mois de septembre. Au Caire, il loua un bateau pour remonter le Nil jusqu’au temple d’Abou-Simbel. Il revint au Caire le 21 décembre avec déjà plus de 100 dessins réalisés. En février 1839, Roberts se dirigea vers la Terre Sainte. Accompagné par deux amis anglais et des serviteurs armés, il traversa la Syrie, la Jordanie et la Palestine, en passant par Jérusalem jusqu’à Baalbek. Après être tombé malade, il décida alors de se rendre à Beyrouth, puis à Alexandrie pour retourner en Angleterre. Il revint à Londres le 21 juillet 1839, après 11 mois de voyage.
Dans ses bagages, l’œuvre de sa vie n’attendait plus que d’être montrée au monde. En 1840, il commença par exposer à la Royal Academy quelques peintures exécutées d’après ses dessins. Cela lui valut d’être reconnu comme membre de la prestigieuse institution britannique.


Dans les années 1840, la technique de la lithographie a atteint son apogée en Angleterre. Pour une diffusion plus large de son œuvre, David Roberts se mit donc à la recherche d’un éditeur de lithographie. Il le trouva en la personne de Francis Graham Moon, l’un des plus célèbre éditeur de Londres à cette époque, et imprimeur officiel de la reine. Celui-ci paya Roberts 3000 £ pour le copyright et la diffusion de ses dessins. Le lithographe belge Louis Haghe, qui a déjà travaillé avec Roberts et qui collaborait alors avec l’imprimeur William Day, a été chargé de traduire sur la pierre les 247 dessins aquarellés sélectionnés pour faire partie de cette vaste entreprise. Le Révérend George Croly fut quant à lui chargé d’écrire des textes pour accompagner les lithographies. Enfin, le lithographe Charles Baugniet a réalisé un portrait de David Roberts qui accompagna la diffusion des estampes.

Une souscription pour l’achat des lithographies a été ouverte dont les journaux s’en sont fait un large écho. Les estampes étaient vendues au prix de 1 £ et 11 shillings pour les épreuves en noir et blanc et au prix de 2 £ et 2 shillings pour des épreuves (plus rares) coloriées à la main. Rien que grâce à la ville d’Edimbourg, le projet récolta 1700 £ suite à la souscription. La reine Victoria n’a pas non plus manqué de souscrire. Les lithographies sont éditées entre 1842 et 1849 puis furent réparties en 6 volumes.
Les 247 lithographies sont un témoignage historique, topographique et architectural précieux. David Roberts a souvent placé des figures humaines dans ses dessins afin de montrer toute la monumentalité des bâtiments et paysages qui les entourent. Les personnages sont montré dans leur tâches quotidiennes ou au cours des rituels de leurs religions. Pour rendre parfaitement les effets de tons et de lumière des dessins originaux, Louis Haghe utilisa la technique de la « tinted lithography » qui demandait d’utiliser deux ou trois pierres différentes (l’une avec le dessin, les autres avec des zones d’aplats pour accentuer le dessin original). La presse se montra très élogieuse pour le travail accompli, à l’image du Art Journal en 1843:
To say that it surpasses everything that has preceded, it is saying but little, and far from enough. It is most unlikely that the work will ever be surpassed – not alone in reference to the scenery and circumstances of which it treats; but considered merely as a series of works, produced at immense cost by a rare union of talent in the several departments necessary to form a complete whole.
Voici quelques exemples des planches qui forment The Holy Land, Syria, Idumea, Arabia, Egypt, and Nubia.
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