Peintures

L’impératrice Eugénie entourée de ses dames d’honneur (Franz Xaver Winterhalter)

Franz Xaver Winterhalter était probablement un des plus grand portraitiste de son époque. Originaire de Bade, il a appris la peinture à l’Académie des Beaux-arts de Munich grâce à une bourse obtenue auprès du grand-duc Louis Ier de Bade. Il travailla également dans l’atelier de Joseph Karl Stieler (1781-1858) qui lui enseigna l’art du portrait. Après ses études, il a été engagé comme maître de dessin par la famille grand-ducale de Bade. Ce soutien lui permit ainsi de voyager en Italie. En 1834, il s’installa à Paris où il attira rapidement l’attention. Ce fut le début de son succès international comme « peintre de cour » car il séduisit beaucoup les grands aristocrates européens qui ne tardèrent pas à lui commander leur portrait.

Franz Xaver WINTERHALTER, La reine Victoria, 1842, huile sur toile, Royal Collection of United Kingdom
Franz Xaver WINTERHALTER, Le roi Léopold I, 1839, huile sur toile, Collection royale de Belgique

En 1855, Eugénie de Montijo (1826-1920), épouse de l’Empereur Napoléon III, commanda à Winterhalter un portrait d’elle entourée par ses dames d’honneur. Le tableau devait être présenté dans la section de peinture de l’Exposition universelle à Paris au mois de mai. Une première esquisse est réalisée par le peintre où 9 dames de compagnie sont représentées.

Franz Xaver WINTERHALTER, L’impératrice Eugénie entourée de ses dames d’honneur, esquisse, 1855, huile sur toile, Fürstenberg Collection (Donaueschingen, Allemagne)

Mais l’une d’entre elle, la comtesse Léonie de Feray d’Isly, démissionna en janvier 1855. L’artiste dut alors repenser sa composition très vite et réussit, avec l’aide de son atelier, à l’achever pour l’ouverture de l’Exposition.

André Adolphe Eugène DISDÉRI, « Exposition Universelle des Beaux-Arts. Salon carré« , 1855, Bibliothèque nationale de France (Paris, France)
Franz Xaver WINTERHALTER, L’impératrice Eugénie entourée de ses dames d’honneur, 1855, huile sur toile, Musée de Compiègne (Compiègne, France)

Le tableau montre donc Eugénie et ses dames de compagnies assises dans un décor champêtre. On reconnaît l’impératrice par le fait qu’elle est placée un peu plus haut que ses compagnes. Sa coiffure est couronnée de chèvrefeuille, plante symbole de dévotion et d’amitié, et elle tient dans sa main, comme un sceptre royal, une branche de cette même plante.

L’impératrice Eugénie
Adrienne de Villeneuve-Bargemont, Comtesse de Montebello (1826-1870)
De gauche à droite: Nathalie de Ségur, Baronne de Malaret (1827-1910); Claire Emilie MacDonell, Marquise de Las Marismas de Guadalquivir (1817-1905); Anne Eve Mortier de Trévise, Marquise de Latour Maubourg (1829-1900)
Pauline de Bassano (1814-1869)
De gauche à droite: Jane Thorne, Baronne de Pierres (1821-1873); Louise Poitelon du Tarde, Vicomtesse de Lezay-Marnésia (1826-1891)
Anne Debelle, Princesse d’Essling (1802-1887)

La manière dont sont placées ces femmes rappelle deux œuvres précédentes de Winterhalter, Le Décameron, peint en 1837 et Florinda, peint en 1853. Dans chacune de ces œuvres, les personnages semblent être placés sur une scène de théâtre avec pour décor un paysage de carton-pâte. 

Franz Xaver WINTERHALTER, Le Decameron, 1837, huile sur toile, Liechtenstein Museum
Franz Xaver WINTERHALTER, Florinda, 1853, huile sur toile, Metropolitan Museum (New York, USA)

Quelques coulures visibles témoignent de la hâte avec laquelle l’atelier de Winterhalter dû terminer le tableau. La critique ne manqua pas de le faire remarquer. La critique est aussi mitigée quant au sujet choisi, jugé frivole, ainsi que le traitement du sujet du tableau: 

il [Winterhalter] n’a point été heureux dans la façon dont il a traité ce facile sujet; sa facture sèche et heurtée, sa couleur criarde et dure, ne sont point ce qu’il fallait pour amener à bien ce groupe de portraits, qui, au reste, sont peu flattés » (Maxime Du Camp, Revue de Paris, 1855, p. 104).

Le tableau eut cependant un vif succès public, notamment par sa diffusion grâce aux estampes.

Auguste Charles LEMOINE d’après Franz Xaver WINTERHALTER, L’impératrice Eugénie entourée de ses dames d’honneur, 1858, lithographie, Bibliothèque nationale de France (Paris, France)

The painting, now in the Musée de Compiègne, is considered one of Winterhalter’s masterpieces, and a symbol of the elegance of the Second Empire period in France, marked by the fashion for large crinolines.

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